À Toulouse, les ventes des logements neufs restent bien orientées, mais jusqu’à quand ? Faute de stocks suffisants, il sera bientôt difficile de satisfaire la demande, d’autant que les prix ne cessent de monter, selon l’Observer de l’immobilier toulousain.
Avant chaque échéance électorale, l’histoire se répète. Les permis de construire se délivrent au compte-goutte, provoquant une baisse des mises en vente de logements neufs. Toulouse n’échappe pas à la règle. Sur les neufs premiers mois de l’année 2019, un recul de 12% de l’offre a ainsi été enregistré dans la ville comme dans l’aire urbaine.
C’est le constat dressé mercredi 20 novembre par les professionnels de l’Observer de l’immobilier toulousain. « Nous travaillons à flux tendu et d’ailleurs il n’y a quasiment pas de logements achevés et non vendus dans le neuf à Toulouse », pointe Jean-Philippe Jarno, le président de l’Observer de l’immobilier et directeur général d’Urbis Réalisations.
Une situation confirmée par Stéphane Aubay, le président de la FPI Toulouse Occitanie et de Green City Immobilier. « C’est une situation que subit l’ensemble de la profession. À Toulouse comme ailleurs, on n’a jamais senti autant de craintes des politiques par rapport à l’urbanisme à l’approche des élections et c’est inquiétant car les permis importants qui n’auront pas été délivrés en 2019 ne se concrétiseront pas plus facilement l’année prochaine. »
Une situation qui, selon les promoteurs, pèse déjà sur le prix des fonciers. « Il y aura moins de grues l’année prochaine à Toulouse, or le dynamisme économique d’une ville passe par des mises en chantier. Il faut arrêter d’utiliser l’urbanisme comme un sujet électoral ! »
Côté acheteurs, Toulouse reste attractive. D’ailleurs, sur cette même période et malgré la baisse des mises en vente, le nombre de ventes intra-muros a lui augmenté de 5% (avec 2756 ventes enregistrées). Dans l’aire urbaine, il est stable mais de bon niveau avec 8000 ventes attendues d’ici la fin de l’année.
Dans Toulouse, le marché reste porté par les investisseurs (66% du marché) mais les ventes à occupants progressent, portées essentiellement par les ventes à propriétaires occupants qui bénéficient de dispositifs de prix maîtrisés (60% des ventes), du prêt social locatif aidé (26% des ventes), et de ventes en TVA à 5,5% soumises à plafond de ressources (13% des ventes).
Le point noir vient des prix, en hausse de 5% par rapport à 2018, avec un prix moyen qui atteint désormais 4260 €/m² stationnement compris dans Toulouse et 4000€/m² dans les communes de l’aire urbaine.
« Les prix ont progressé de 14% entre 2015 et 2019 dans l’aire urbaine, mais Toulouse reste quand même 7% à 8% moins chère que Montpellier ou Bordeaux », pointe Jean-Philippe Jarno.
(Source : TOULÉCO - Béatrice Girard)